Amiante : un risque sanitaire bien identifié, mais une exposition encore sous-estimée
Le diagnostic amiante reste un outil essentiel de prévention, près de trente ans après l’interdiction de l’amiante. Si les Français connaissent largement sa dangerosité, beaucoup n’identifient pas les situations concrètes dans lesquelles ils peuvent encore y être exposés, notamment lors de travaux dans des bâtiments construits avant 1997.
Selon le dernier baromètre de Santé publique France, 78,9 % des Français considèrent que l’amiante présente un risque élevé ou très élevé pour la santé. Parmi eux, 46 % estiment même ce risque « très élevé ». L’amiante arrive ainsi en tête des six risques environnementaux étudiés, devant notamment la radioactivité, les pollens et les légionelles.
Le niveau de sensibilisation paraît important : 66,3 % des personnes interrogées déclarent se sentir bien informées sur les effets sanitaires de l’amiante, tandis que seulement 4,1 % disent n’en avoir jamais entendu parler. Toutefois, l’étude mesure avant tout un sentiment d’information. Ses auteurs rappellent « la difficulté de discerner le niveau d’information de la connaissance réelle détenue, voire de la connaissance réelle des risques en santé-environnement ».
Un risque toujours présent dans les bâtiments anciens
Cette perception peut masquer une méconnaissance des matériaux amiantés et des circonstances d’exposition. Une enquête Ipsos menée en 2019 pour le réseau Ex’im montrait que près des trois quarts des répondants ayant réalisé des travaux dans leur logement estimaient ne pas être exposés au risque amiante. Pourtant, l’amiante a été massivement utilisé dans la construction au cours du siècle dernier et demeure présent dans de nombreux immeubles bâtis avant le 1er juillet 1997.
Le risque réapparaît notamment lors d’interventions courantes, y compris le simple percement d’un mur. Les résultats du baromètre de Santé publique France sur les perceptions des risques environnementaux confirment donc l’importance de mieux relier la connaissance du danger aux situations réelles d’exposition.
Dans les établissements scolaires, l’enquête menée en 2016 par l’Éducation nationale auprès de près de 20 000 établissements est révélatrice : 85 % des établissements répondants étaient concernés par le DTA (Dossier technique amiante), parce qu’au moins un de leurs bâtiments avait été construit avant le 1er juillet 1997. Parmi les établissements publics concernés disposant d’un DTA, celui-ci signalait de l’amiante dans 38 % des écoles, 73 % des collèges et 77 % des lycées publics. La moitié des DTA des écoles concernées imposait en outre une obligation de surveillance.
Le PAIA2 renforce l’information des occupants
Les données du SI-Amiante du ministère de la Santé soulignent également l’actualité du sujet : en 2024, 22 % des missions déclarées par les diagnostiqueurs concernaient un repérage avant travaux. L’enquête Ipsos de 2019 indiquait par ailleurs que, lorsqu’ils pensaient être exposés, 56 % des Français auraient contacté leur mairie en premier, contre 27 % un diagnostiqueur.
Publié en mai dernier pour la période 2026-2030, le Plan interministériel Amiante (PAIA2) prévoit de renforcer l’information des particuliers et des professionnels. Son premier axe inclut un futur état amiante à la location, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2027, afin d’informer les locataires sur les matériaux amiantés et les risques liés aux travaux de bricolage.

