Le nouveau DPE 2027 entrera en vigueur le 1er janvier 2027 avec plusieurs évolutions destinées à aligner le diagnostic de performance énergétique sur la réglementation européenne. Nouvelle mention A0, informations renforcées sur les énergies renouvelables, durée de vie des équipements et flexibilité électrique : ces changements doivent être anticipés par les propriétaires, diagnostiqueurs et professionnels de la rénovation. Ils s’inscrivent dans la continuité des évolutions du nouveau calcul DPE et de la transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments.
Une mention A0 pour les bâtiments à émissions nulles
La mesure la plus visible du nouveau DPE 2027 concerne l’apparition d’une mention A0. Le DPE conserve néanmoins son échelle actuelle, allant de A à G, conformément à la position défendue par la France durant les négociations européennes.
La mention A0 ne constitue pas une nouvelle classe énergétique : elle sera apposée sur l’étiquette DPE des bâtiments répondant à des critères précis. Pour y prétendre, le bâtiment devra tout d’abord être classé A ou B. Il devra également utiliser exclusivement des énergies renouvelables produites sur site ou à proximité, de l’électricité, ou encore un réseau de chaleur ou de froid efficace.
Autre condition déterminante : aucune installation de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire ne devra utiliser de combustible fossile sur site ou à proximité. Cette mention vise ainsi les bâtiments à émissions nulles, en cohérence avec les orientations européennes de décarbonation du parc immobilier.
De nouvelles données sur les énergies renouvelables dans le DPE
L’arrêté du 11 juin 2026 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne sur le diagnostic de performance énergétique, publié au Journal officiel, enrichit sensiblement le contenu du diagnostic.
À compter du 1er janvier 2027, le DPE devra notamment indiquer :
- la quantité totale d’énergie renouvelable produite sur site, exprimée en kWh ;
- la production d’énergie renouvelable détaillée par source ;
- la part de cette production dans la consommation d’énergie finale du bâtiment ;
- le principal vecteur ou la principale source énergétique, en énergie primaire comme en énergie finale ;
- une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage ;
- une évaluation de la durée de vie restante de la climatisation, lorsqu’elle existe.
Ces nouvelles rubriques peuvent sembler techniques, mais elles soulèvent plusieurs difficultés concrètes pour les diagnostiqueurs. Quelle durée de vie attribuer à une chaudière dont l’âge est inconnu ? Comment identifier la source énergétique principale lorsque plusieurs équipements coexistent ? Quelles données collecter lorsqu’un logement combine, par exemple, photovoltaïque, pompe à chaleur et chauffage au bois ?
Le texte réglementaire apporte déjà plusieurs éléments de cadrage. Les équipements à prendre en compte comprennent notamment le photovoltaïque, le solaire thermique, les pompes à chaleur, la géothermie, les chauffe-eau thermodynamiques, le chauffage au bois, les réseaux de chaleur efficaces, les éoliennes et la cogénération. La traduction opérationnelle de ces données dans les logiciels DPE constituera toutefois un enjeu majeur dans les prochains mois.
Le DPE intègre la flexibilité électrique
Le texte publié au Journal officiel introduit également une notion nouvelle dans le diagnostic : la flexibilité du système électrique. Le DPE devra renseigner la capacité du bâtiment à réagir à des signaux externes et à adapter sa consommation afin de contribuer à la flexibilité du réseau.
Concrètement, le diagnostic devra préciser si certains équipements, tels qu’une pompe à chaleur ou un chauffe-eau électrique, peuvent être pilotés automatiquement ou programmés. L’objectif est de consommer davantage lorsque l’électricité est moins chère et d’éviter les périodes durant lesquelles le réseau est sous tension.
Cette évolution reflète la transformation du bâtiment en acteur potentiel du système électrique. Avec le développement des pompes à chaleur, du photovoltaïque, des bornes de recharge et des équipements pilotables, un logement ne se limite plus à consommer de l’énergie : il peut décaler certains usages lorsque cela est utile au réseau. L’arrêté fixe le principe, mais les modalités pratiques d’évaluation et de renseignement restent à préciser.
Une première étape de la transposition européenne
L’arrêté du 11 juin 2026 ne constitue qu’une partie de la transposition de la directive européenne 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments. Attendu en théorie pour la fin mai et toujours en discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi DDADUE doit encore intégrer plusieurs dispositions dans le droit français.
Le projet prévoit notamment d’étendre le DPE aux rénovations importantes. Sont concernées les opérations dont le coût des travaux portant sur l’enveloppe du bâtiment ou les systèmes techniques représente plus de 25 % de la valeur du bâtiment hors terrain. Le DPE devrait aussi devenir obligatoire lors du renouvellement d’un bail portant sur un bâtiment non résidentiel.
Le nouveau DPE 2027 marque donc une évolution réglementaire structurante : davantage d’informations sur les équipements, une meilleure valorisation des énergies renouvelables et une prise en compte progressive de la capacité des bâtiments à soutenir le réseau électrique.

